06/02/2010
Une laïcité toute religieuse

C'est à y perdre son hindi !
Que ce royaume soit remplacé en 2008 par une République, soit ! C'est un peu dans l'ordre des choses et l'air du temps.
Mais que le Népal, qui était le seul Etat au monde à avoir l'hindouisme pour religion officielle devienne "laïque" en 2006, c'est bien plus étonnant !
Il s'agit bien sûr là d'un choix "politique", car la religion et la spiritualité restent ici intimement liés à la vie sociale ...et quotidienne. Le sacré est omniprésent et il semble exister un dieu pour pour chaque chose !




L'hindouisme, la religion la plus présente, est pratiquée par environ 80% de la population (que l'on désigne comme "indo-népalaise"). Les "tibéto-népalais" sont eux 11% à pratiquer le bouddhisme.
Vient ensuite l'islam (4,5%), puis le cas particulier des Kiranti (3,5% de la population, soit un million de personnes) qui ont à la fois leur propre religion et leur propre langue (toutes deux d'origines tibéto-birmane).







J'aurais bien du mal à vous expliquer les us de l'hindouisme tel qu'il est pratiqué dans la sphère publique des temples et des rues. C'est un mélange de prières (parfois de chants, de lectures), de dons divers (fruits, fleurs, plantes, herbes, riz, monnaie, etc...), d'onguents (souvent rouges) appliqué un peu partout, d'encens, d'ablution, de feu et de sons de cloche !
Ce sont ces derniers qui m'ont le plus étonné (et réjoui). On trouve en effet des cloches (et plus souvent des clochettes) sur presque chaque autel (dans la rue) et à chaque coin de temple : Les fidèles s'arrêtent pour un (parfois très bref) moment de prière puis font tinter le bronze !
Il est à noté enfin que, contrairement à leurs voisins indiens qui on aboli le sacrifice animal , les hindouistes népalais continuent à le perpétuer lors de certaines fêtes...


06:48 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : népal
04/02/2010
Durbar Square

Un peu d’histoire :
Bien qu’il existe des traces millénaires de l’occupation de la vallée, c’est à partir du 16ème siècle que s’est développée Katmandou, telle qu’on la découvre aujourd’hui à travers son centre historique.
L’accès au Royaume fut interdit aux étrangers jusqu’en 1951 !
C’est à partir de cette date que les premiers hippies commencèrent à confluer vers ce pays pratiquement vierge de toute « modernité » !
Après des années d’instabilité, d’âpres luttes de pouvoirs, une guerre civile (1996) qui fit 13000 morts et le massacre perpétré en 2001 par le prince héritier (qui élimina 10 membres de la famille royale dont ses parents les souverains !), la monarchie sera définitivement abolie en 2008…






On trouve des « Durbar Square » dans les trois principales villes de la vallée. Ces places (au sens large du terme) étaient à la fois le centre politique et religieux (et donc historique aujourd’hui) de la cité, où se mêlaient sanctuaires, résidences royales, marchés et enclos à éléphants !
Les dizaines de temples (petits ou grands, en briques ou en pierres, carrés ou rectangulaires, à deux, trois ou quatre toits superposés) sont dédiés aux innombrables divinités composant le panthéon hindouiste. Ils abritent des sanctuaires de quelques mètres carrés où les Népalais viennent accomplir la puja, acte religieux visant à honorer le dieu au moyen d'offrandes.





Le Kumari Bahal se dresse sur la place. Cette belle demeure de brique et de boiseries finement sculptées est depuis des siècles la maison d’une déesse vivante ! Personnifiée par une jeune vierge, la Kumari est en effet considérée comme l’incarnation de la déesse Taleju.
La jeune fille reste cloîtrée dans son petit palais durant plusieurs années (on ne la « sort » en procession qu’à l’occasion des grandes fêtes religieuses) jusqu’au moment de sa puberté … où une nouvelle vierge prend alors sa place !
Les anciennes Kumari, jadis adulées, se retrouvent du jour au lendemain presque ostracisées : Elles ont même des difficultés à trouver un mari car, selon la tradition populaire, épouser une ancienne Kumari porterait malchance…

À quelques pas de là se trouve l’ancien palais royal (Hanuman Dhoka) qui, maintes fois remanié depuis le XVIIe siècle, reste un bien curieux mélange avec sa façade blanche toute « victorienne » et ses toits et ses cours traditionnels !

Devant l’entrée principale du palais trône sous un dais Hanuman, le dieu-singe. Drapé d’une longue cape rouge, on ne devine même plus son visage, perdu qu’il est sous l’épaisse couche de pâte rouge appliquée depuis des lustres par les fidèles…

Le charme incroyable qui se dégage ici (malgré les pollutions d’engins motorisés !) réside dans le fait que ce complexe n'est ni « sanctuarisé » ni « ripoliné » : La population continue donc d'en occuper librement tout l’espace, des porches aux gradins, vaquant aux même tâches quotidiennes qu’il y a des siècles…
19:09 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : népal
02/02/2010
Katmandou, la Cité glorieuse

Katmandou est située au coeur d'une vaste dépression qui porte son nom : la Vallée de Katmandou, qui s'étend de 25 km d'est en ouest et d'environ 20 km du nord au sud. Son altitude moyenne se situe à 1 300 mètres.
Katmandou porte aussi le nom de Kantipur : La cité glorieuse.


La capitale du Népal offre au premier abord le visage d'une ville sale et assez délabrée (ce qu'elle est certainement...). Les détritus, mis en tas au bord des rues, sont juste brûlés, donnant ainsi une odeur âcre au petit matin !
Ici pas de poubelles ou de sacs à ordures : Les vaches (mais pas tant que cela), les chiens et les poules s'en donnent à coeur joie pour y dénicher leur pitance. 





Les rues cahoteuses sont encombrées de motocyclettes, de scooters, de rickshaws et de vieilles automobiles : Le concert de klaxons et de clochettes règle la circulation !
Hérités de l'Inde qui n'en veut plus, de gros camions Tata déglingués, parés de dessins aux couleurs flamboyantes, soulèvent sur leur passage des nuages de poussière qui vont mourir au-dessus des étals de fruits et de légumes.
Ici, on roule à gauche, à la manière britannique...






Pourtant, malgré le bruit, les senteurs et la pollution, le charme opère.
Cette ville pauvre démunie de tout superflu, nous offre "sa"vie" : Une fresque absolument incroyable, saturée de sons, de couleurs et de mouvement.




20:40 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : népal



























