14/08/2011
Autocraties d'Asie Centrale
Alors qu'il reste encore deux posts à venir avant de clore cette balade Ouzbèke, je ne pouvais faire l'impasse sur la situation politique dans la région.
Je ne rentrerais pas dans les détails (que tout à chacun peut trouver à loisir sur le Net) mais seulement vous fournir quelques indications sur ces pays qui semblent si loin de l'Europe et dont on ne parle jamais.
Vous montrer également que c'est en toute connaissance de cause que j'ai tout de même décidé d'y aller faire un tour en tant que touriste...

A la chute de l'URSS, chacun de ces cinq pays (ex-soviétiques) à retrouvé son indépendance. Dans chacun d'entre eux, un satrape (issu de l'ancien pouvoir) s'est fait élire président.
Trois d'entre eux sont encore là 20 ans après (Rahmon au Tadjikistan, Nazarbaïev au Kazakhstan et Karimov en Ouzbékistan), tous réélus depuis, généralement avec des scores à la soviétique (entre 85% et 95% des voix !)
Le Turkmène Nyazow, mort en 2006 est à présent remplacé par un clone, et seul le Khirghistan (le plus pauvre des cinq) tente à l'heure actuelle une émancipation politique, déjà bien compromise...
Je ne vais pas vous gaver de chiffre, car ces deux tableaux devraient suffire :
- le premier est le classement des pays en fonction de leur "indice de démocratie" :
1/3 de ces pays sont considérés comme "autoritaires".
Le Kazakhstan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Turkménistan en font partie. Ces deux derniers "brillant" d'ailleurs par leur position, respectivement 164 et 165ème sur 167 (juste devant le Tchad et la Corée du Nord !)
- le second est le classement des pays selon " l'indice de la perception de la corruption", élaborée par Transparency International :
Le Kazakhstan se trouve à la 105ème place (sur 178), le Tadjikistan à la 154ème place, le Kirghistan à la 164ème place et, toujours bons derniers, le Turkménistan et l'Ouzbékistan arrivent ex-aequo à la 172ème place, suivis seulement par L'Irak, l'Afghanistan, la Birmanie et la Somalie !
Tout est dit...

(Gulnara Karimova)
Dans la famille Karimov, il y a bien entendu le père (président de l'Ouzbékistan depuis maintenant 20 ans) mais aussi ses deux filles dont Gulnara, qui déjà milliardaire, s'imaginerait bien maintenant en digne successeur de papa !
Cela nous fait évidemment penser à de nombreux pays arabes qui font l'actualité depuis ces derniers mois !
Je vous renvoie à ces quelques articles qui vous donneront une idée plus précise de la méthodologie de la belle :
- Gulnara Karimova, Madame-sans-scrupules, par La Dépêche
- la saga des Karimova, par l'Hebdo suisse
- la dictature ouzbeke s'invite à Cannes et La joyeuse fifille du president par Bakchich-info
Ces articles sont bien évidemment un peu plus mordant que ce que l'on trouve sur le site officiel de "Madame la future présidente", et qui s'intitule très sobrement : Gulnara
12:22 Publié dans ouzbékistan, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : balade ouzbéke
10/08/2011
La Mosquée Bibi Khanum à Samarcande
La Mosquée telle qu'on la découvre depuis la Rue Tachkent, en venant du Régistan. Le dôme sud est actuellement en restauration...
Le portail d'entrée, haut de 35 mètres

(Samarcande, Ouzbékistan, juin 2011)
Le portail de la mosquée principale
Tamerlan rentrait d’une campagne en Inde (il venait accessoirement de raser New Delhi !), quand il s’attela de la réalisation d’une mosquée dont la splendeur surpasserait tout ce qui existait alors ! De son voyage il avait rapporté de nouvelles idées, comme l’usage de la pierre en appoint aux briques cuites ou crues traditionnellement utilisées en Asie centrale.
Les travaux de la Mosquée Bibi Khanum (du nom d’une épouse de Tamerlan) ou "Mosquée du Vendredi" démarrèrent en 1399.
Les architectes et les artisans venus des quatre coins de l’empire furent secondés par des dizaines d’éléphants chargés de mouvoir les énormes blocs de pierre.
Achevé vers 1404, le complexe comptait deux portails de 40 mètres de haut flanqués de quatre minarets encore plus élevés, deux mosquées latérales en plus de la principale et quatre galeries pavées de marbre. Ces dernières étaient protégées par 400 coupoles, elles-mêmes soutenues par 400 colonnes ! Aux angles de l’immense cour intérieure (plus de 100m de côté) s’élevaient quatre autres minarets…

Le centre de la cour est toujours occupé par le lutrin monumental (en marbre, évidemment !) qui soutenait pendant les offices le Coran d'Othman.
Ce coran « géant » (plus de 1000 pages et 80kg) est considéré comme la plus ancienne copie manuscrite du Livre sacré et se trouve aujourd’hui à Tachkent…
Le monument s’est dégradé rapidement… dés la fin de sa construction, probablement trop hâtive ! Les architectes ne possédaient sans doute pas non plus les techniques nécessaires pour répondre aux souhaits mégalos de l’empereur.
La restauration a rendu à l’ensemble, vu de l’extérieur, un semblant de majesté, dont on profite nonchalamment à l’ombre des muriers blancs. Les parties intérieures sont-elles, par contre, encore largement en ruine…

Les entrées de la grande mosquée sont latérales alors qu'un immense moucharabieh occulte la principale. De nombreuses années seront nécessaires à une éventuelle restauration...
(Samarcande, Ouzbékistan, juin 2011)
08:06 Publié dans ouzbékistan, photos, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : balade ouzbéke



























