22/08/2010
Le Pont de Galata

Seulement trois ponts franchissent l'estuaire de la Corne d'Or : Ils relient les quartiers nord et sud d'Istanbul.
Si le Pont de Galata n'est pas à proprement parlé plus joli que ses deux voisins, il est le seul dont l'histoire et "l'âme" sont indissociable de la ville.
En effet, dès le 10ème siècle et ce pendant plusieurs centaines d'années, c'est un peu près au niveau de ce pont qu'une chaîne était tendue d'une rive à l'autre, afin de dissuader les flottes ennemies. Les byzantins utilisaient également en complément de leur défense, le fameux feu grégois, antique ancêtre du lance-flammes !
L'idée d'un premier pont germa dès 1500 dans l'esprit du sultan d'alors, et Léonard de Vinci fut consulté. A t'il été appelé ou est t'il accouru (attiré par la folie du projet), rien n'est vraiment sûr. Ce qui est certain en tout cas, c'est qu'il en esquissa une ébauche (ci-contre).
Les architectes d'aujourd'hui pensent que ce pont tout en pierre, malgré sa taille impressionnante (les voiliers toutes voiles dehors devaient pouvoir passer dessous !), était techniquement viable. Le projet ne verra pourtant jamais le jour...
En 2001, près d'Oslo, une reproduction (plus petite et toute en bois) a été réalisée d'après le croquis du génial inventeur (voir ICI et LA)
(Michel-Ange vint également à Constantinople, pour le même projet, mais toujours sans succès...)
Le "premier" pont de Galata ne sera finalement construit qu'en 1845 ! Suivront au même endroit quatre autres versions, en 1863, 1875, et 1912 (soit quatre ponts en 67 ans !)



Celui que nous découvrons aujourd'hui, mis en service en 1994, est devenu de facto le plus récent de la ville, malgré la riche histoire qui le précède...
Mais ce pont est plus qu'un pont ! C'est comme un trait d'union dans la capitale. Quand on se tient en son milieu, on découvre d'un côté la ville "historique" et ses quartiers ottomans rythmés par les gracieux minarets. De l'autre côté s'élance la colline de Galata, coiffée de sa tour gènoise éponyme qui annonce l'Istanbul "moderne" des quartiers de Beyoglu. En face, à moins de 3km, les rives de l'Asie...






Le pont de Galata, c'est aussi bien sûr sa foule de pêcheurs à la ligne qui, accoudés au parapet quelque soit le temps, attendent patiemment leur parfois bien maigre butin ! Et puis il y a l'incessant ronronnement des bateaux-bus, le flot des promeneurs nonchalants, la musique des cornes de brume en plein soleil, le tramway qui passe là, les marchands ambulants, les coups de vent iodés... et ce bleu si particulier de l'estuaire...


Tout cela serait déjà un enchantement, mais il y a encore plus à l'étage inférieur : des dizaines de restaurants et de bars égrennent leur terrasse et appellent à une pause "chicha" bien méritée.
Partout le poisson est roi : On l'a dans l'assiette en même temps qu'on le découvre encore tout frétillant, hameçonnés en grappes aux lignes que remontent les pêcheurs au dessus de nos tête. Parfois c'est un seau vide qui dégringole du haut du pont, avant d'être remonté plein d'eau de mer...


Jusque tard dans la nuit, l'heure du dîner passée, nombre de ces lieux, désuets ou carrément branchés, se transforment alors en "boîte de nuit", à la plus grande joie des noctambules.


13:34 Publié dans istanbul | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voyage à istanbul
20/08/2010
Les bazars stambouliotes
Avant de traverser l'estuaire de la Corne d'Or pour nous rendre sur la rive septentrionale d'Istanbul, je vous propose un petit tour dans les deux plus importants bazars de la ville.
Ils se situent, comme tout les monuments évoqués dans les posts précédent, dans la peninsule "historique", celle qui a vu se developper Byzance et Constantinople.
A tout seigneur tout honneur, nous commencerons par le Grand Bazar (Kapalı çarşı, littéralement "Marché couvert"), à la fois le plus ancien et le plus grand des deux.

L'ordre de sa construction fut donné par Mehmed II le Conquérant, vers 1460, quelques années donc après la prise de Constantinople.
A l'origine, le bâtiment était une sorte de caravansérail (que l'on appelle ici "han", mais "Khan" ou "Funduk" au Maghreb ou au Moyen-orient) : Un lieu pour abriter à la fois les marchands, leurs marchandises et les animaux, et dont on pouvait fermer la porte le soir venu...




Par manque d'espace, les nombreuses rues autour du marché originel furent à leur tour investies au cours du temps.... puis finalement couvertes : Ce sont à présent 19 portes qui protègent le Bazar et qui sont fermées tous les soirs, tout comme au 16ème siècle !
C'est sous le règne de Soliman que le Grand bazar c'est considérablement agrandi. Aujourd'hui (selon les chiffres trouvés ci et là), il est composé de 58 à 66 rues couvertes qui abriteraient entre 2500 et 4300 (sic!) échoppes. Comme presque tout les marchés du monde, il est divisé en quartier : Celui du cuir, des tapis, du cuivre, des lampes, des bijoux, etc...


Non loin de ce premier caravansérail, un autre abritait le marché aux esclaves. Il finira lui aussi par être totalement intégré au Grand Bazar.
L'esclavagisme lui, ne sera aboli, tout comme en France, qu'en 1848...

***
Le Bazar Egyptien (Mısır Çarşısı') est infiniment plus petit !
c'est un bâtiment en forme de "L", construit en 1663 (soit un siècle après le Grand Bazar) dans l'enceine de la mosquée Yeni ("la Nouvelle Mosquée") dont l'imposante silhouette trône à la sortie du Pont de Galata.



Il n'a en fait d'égyptien que le nom, qu'il prit en souvenir des impôts collectés au Caire pour sa construction !
Ce marché est encore essentiellement spécialisé en herbes et épices, fromages et pastrami, loukoums et autres baklavas gorgés de miel...
Plus petit que le Grand Bazar, le Bazar Egyptien croule sous les touristes : D'une part, il sent merveilleusement bon (le mélange sucré-épicé est détonnant !), et avouons qu'il est quand même plus facile de rapporter 100 grammes de cumin qu'un tapis d'apparat !








07:00 Publié dans istanbul | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vacances istanbul
18/08/2010
La céramique d'Iznik

Rassurez-vous, je ne compte pas vous raconter l'histoire de la ville d'Iznik (la fameuse "Nicée" de l'ère byzantine, qui se trouve à quelques cent kilomètres à vol d'oiseau, à l'est d'Istanbul), et encore moins des procédés de fabrication de sa célèbre production de céramique qui connut son heure de gloire aux 16ème et 17ème siècles !
Je tenais simplement à vous montrer, par ces quelques images, un échantillon de l'incroyable variété de motifs que les architectes de Topkapı avaient à leur disposition afin de recouvrir de tuiles en céramique colorée les murs (et les plafonds !) de l'admirable palais ottoman !
Ce sont les mêmes que l'on retrouve à l'intérieur, entre autre, de la Mosquée bleu.















18:21 Publié dans istanbul | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voyage à istanbul
16/08/2010
Le Palais de Topkapı
C'est une multitude de posts qu'il faudrait consacrer à Topkapı, tellement le lieu est vaste, riche et définitivement unique : Sa visite est probablement le point d'orgue d'un séjour à Istanbul !
Avant d'aller plus avant dans cette très brève découverte du Sérail (l'autre nom donné au Palais), je voulais juste vous confirmer que ce n'est pas un "i" qui est à la fin de de Topkapı, mais bien un "ı" (sans point sur le dessus) : Il se prononce en turc (à quelque chose près), comme un "eu" : Topkap-eu- !


Revenons au Palais : Construit en partie sur les vestiges de l'ancienne résidence impériale byzantine (après la prise de Constantinople par les ottomans en 1453), il va vite devenir la résidence principale du sultan, ainsi que le siège officiel du gouvernement.
Durant près de 400 ans, au gré des tremblements de terre, des incendies et des règnes successifs, il va prendre la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. Ce n'est qu'en 1853 qu'un sultan décidera d'aller habiter sur la rive d'en face, dans un nouveau palais plus en phase avec la "modernité" !
Bien plus qu'un palais, Topkapı est une "ville dans la ville" : En plus des appartements du Sultan et des salles officielles ou d'apparat, on trouvait là des bibliothéques, des cuisines (et près de 800 cuisiniers), des écuries, des salles de gardes, des dortoirs, des hammams, des écoles, des mosquées, même une fonderie,... et bien sûr d'autres bâtiments administratifs ou "techniques".


Il y avait également le harem, indissociable de l'histoire des sultans : De 600 à 1500 femmes vivaient là (de la simple servante à la favorite) dans des centaines de pièces qui leurs étaient réservées. Elles étaient veillées quotidiennement par les irremplaçables eunuques, généralement d'origine nubienne...
Topkapı abritait en temps normal près de 4000 personnes, un chiffre qui pouvait doubler à l'occasion des grandes manifestations et fêtes données au Palais. Tout ce beau monde vivait selon une étiquette plutôt très rigide et se partagait (chacun donc selon son rang) cet immense espace relié par des galeries et des passages secrets, ponctué de cours, de jardins, de terrasses, de bassins, de fontaines et autres kiosques ravissants.



Classé "patrimoine mondial de l'Unesco", le palais abrite à présent, outre le "trèsor" (ici depuis des siècles), des salles consacrées aux reliques de Mahomet, aux armes et armures, aux carosses royaux, aux costumes, à la caligraphie, à la vaisselle impériale et à l'argenterie, aux miniatures, à la porcelaine chinoise, etc...
Le "trèsor" permet de découvrir (malheureusement sans pouvoir les photographier), des trônes d'or et de pierres précieuses, des armes "bijoux" et bien autres pièces exceptionnelles de joaillerie ou de décoration...


19:14 Publié dans istanbul | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : voyage à istanbul



























