30/07/2011
Au village d'Ayakchi, quelque part dans les montagnes
Sur la route qui nous mène au village d'Ayakchi...
(Ouzbékistan, juin 2011)
Un paysan rentre son troupeau avant la nuit. Les bêtes ont peu trouvé à brouter car le printemps, ici aussi, a été des plus secs cette année !
La maison de Youssouf à Ayakchi (en bas à droite)
Nous avions déjà passé quelques nuits chez l'habitant, mais toujours de manière rapide, sans avoir réellement le temps de côtoyer leur intimité. Ce sera différent ici , dans le petit village d'Ayakchi (nous y passerons trois nuits), que j'ai quitté en fait avec plus de questionnements que de réponses.
La première chose qui m'a étonné est le dénuement domestique. Alors que notre hôte possède une petite camionnette, un tracteur et des dizaines de têtes de bétail, la maison bien qu'en dur semble bien modeste, la cuisine archaïque et les sanitaires limites inexistants.
Le seul point d'eau de toute la maisonnée, capté en amont de la propriété, arrive sous la forme d'un simple tuyau posé à même la pelouse. Il offre sans discontinué, de jour comme de nuit, son généreux filet d'eau. Cet unique point d'eau sert donc à tout : L'arrosage du jardin, la cuisine, la vaisselle, le lavage du linge et la toilette expéditive ! C'est aussi bien évidemment l'eau qu'ils consomment.
Que se passe-t-il quand il fait très froid ou même qu'il gèle : je n'en ai aucune idée. Ce qui est certain c'est qu'il n'y avait aucune réserve nulle part.
La cuisine, plus que modeste est en terre battue et fonctionne au feu de bois (dans un pays producteur de gaz!). Le pain y est cuit chaque jour. La viande et les laitages semble être des denrées plutôt rares et l'essentiel des repas est à base de pains et autres féculents, de légumes et de fruits. Nos repas, qui furent tous confectionnés par notre hôtesse et sa jeune fille (avec ce que nous avions apporté!) seront pourtant, malgré cet indigence de moyens, parmi les plus délicieux que nous dégusterons au cours de tout le séjour...
Les lits, tel que nous les concevons, n'existent pas vraiment en Ouzbékistan, sauf dans les hôtels que nous avons féquenté. L'ouzbek se contente généralement d'un tapis en laine un peu épais posé à même le sol et donc particulièrement inconfortable pour nos os fragiles.
C'est aussi souvent à même le sol qu'il prend ses repas, ou sur une table de quelques centimètres de haut. En été la terrasse extérieure sert à la fois au repas et au couchage à la belle étoile.
Les paysans se couchent tôt et se lèvent à l'aube. A peine levés, les hommes, quelque soit leur âge, sont aux champs et nourrissent les bêtes. J'ai le souvenir de Timur, qui du haut de ses dix douze ans, les yeux encores embués d'une nuit pertubée par le vent et les cris d'animaux, déjà au foin sans avoir même avalé une boisson chaude !
Les femmes et les adolescentes attaquent quand à elles dés 5 heures les différentes tâches ménagères...
Nous sommes évidemment là en présence d'une société patriarcale très classique, et bien que ce soit un schéma que l'on retrouve un peu partout sur la planète, cela peut cependant parfois nous surprendre et même aussi nous gêner...
Les filles sont éduquées pour être de bonnes épouses et de futures mères, et c'est bien entendu le père qui choisira l'heureux élu, pour le bonheur de sa progéniture et peut-être aussi un peu pour le bon développement de son cheptel.
J'ai d'ailleurs été un peu surpris par le discours du jeune frère de notre guide (qui nous accompagnait durant ces trois jours). Etant issu d'une famille francophone, francophile et plutôt très instruite, son raisonnement était le suivant : Une de ses belles-soeurs à été choisi par ses parents et le couple fonctionne plutôt bien. Son autre belle-soeur a été choisi directement par son frère, et la réussite est moins probante : En conclusion, il fera confiance à ses parents qui auront plus de sagesse et de discernement que lui. Point!
J'ai bien sûr été souvent tenté de faire le parallèle avec la vie de ferme tout aussi modeste qu'ont vécu mes arrières-grands-parents entre les deux guerres, et je reste persuadé qu'on y trouvait un peu plus de "confort", de "chaleur humaine" et de "savoir" et un peu moins de "rudesse" que ce que j'ai découvert là...
Tout cela reste bien évidemment très subjectif et n'engage que moi...
Parfois il y a de l'électricité, parfois non...
La belle vaisselle et la nappe sont réservées aux invités...
La maigre réserve et la cuisine rudimentaire enfumée
La mère est au four (à pain)...
...et l'adolescente à la corvée de vaisselle !
Les animaux profitent aussi de cette eau qui coule en continu
(Ouzbékistan, juin 2011)
14:26 Publié dans ouzbékistan, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : balade ouzbéke
28/07/2011
Shahrisabz
Sculpture de l'Emir Temur Lang (Tamerlan)
Le portail d'entrée mesurait près de 40m de haut !
(Shahrisabz, Ousbékistan, juin 2011)
Shahrisabz n'a pour seul intêret que d'être considérée comme la ville natale du grand Tamerlan (il est en fait né à 15 km de là!).
Au fait de sa puissance, l'empereur souhaita offrir à cette cité, berceau de ces ancêtres, la même magnificence que celle qui éclatait alors à Samarkande, sa capitale chérie.
Durant plus de 20 ans, il supervisa la construction de l'immense palais "blanc" : l'Ak-Sarai. (cette couleur correspond en fait aux attributs du pouvoirs et nullement à la décoration qui bien sûr .... était toute de bleu !).
Le portail gigantesque que nous découvrons aujourd'hui est le seul vestige de ce trip mégalo. Ce ne sont pas les guerres et les secousses telluriques qui eurent raison du reste du palais, mais tout simplement d'un Emir de Boukhara, qui, quelques dizaines d'années plus tard, avait pris ombrage de tant de splendeur !
Tamerlan fit également construire ici des mausaulées pour sa famille ainsi qu'une crypte toute simple (allez comprendre!) dans laquelle il souhaitait être inhumé.
Ces descendants ne suivirent apparemment pas son avis, car ils déplacèrent la dépouille à Samarkande...
On aperçoit au second plan les dômes des mausaulées.
Tamerlan fit construire Dor Us Siadad, pour y inhumer son fils (et successeur désigné) mort prématurément d'une chute de cheval en 1375
C'est également à Dor Us Siadad que l'on trouve cette crypte, originellement destinée à l'Empereur.
Au premier plan la "maison de la méditation et de la comptemplation (Dor Us Tiliavat), abrite entre autre la dépouille du père de Tamerlan. C'est Oulourbeg, neveu de ce dernier et empereur à son tour qui fit construire en 1435 la mosquée Kok Goumbaz qui lui fait face.
Le grand marché de la ville sera également pour notre guide l'occasion de faire le plein de nourriture afin d'assurer les repas de notre prochaine étape chez "l'habitant", quelque part dans les montagnes voisines...
(Shahrisabz, Ousbékistan, juin 2011)
Boules de fromage sèchées
Un jeune porteur fait avec nous le tour du marché
Espérons que rien n'a été oublié : Il n'y a pas de commerces dans les villages de montagne !
20:08 Publié dans ouzbékistan, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : balade ouzbéke
26/07/2011
De la banquise plein la tête !
Il existe des moments un peu hors du temps. Comme celui que je vis ce soir...
Changer si vite de monde à quelque chose de brutal et déroutant !
(Baie de Longyearbyen, Spizberg, Océan Arctique, 26 juillet 2011)
Si la photo du post précédent était issue du Net, celle que vous découvrez à présent a été prise par mes soins ce matin, moins d'une heure avant d'embarquer pour l'avion qui me ramenait à Paris !
Avion que j'ai d'ailleurs eu la chance de prendre dans les temps, car la banquise ayant fait durant la nuit le siège du village (et donc du petit aéroport) de Longyearbyen, il a fallu tout le professionnalisme du capitaine pour nous mener à bon "port" ;)
Il y aura bientôt des tas de photos : des glaciers, de la banquise, de la toundra, des oiseaux, des phoques, des morses, des rennes... et des ours polaires bien sûr !
Mais je vais à présent profiter un peu de la nuit qui tombe sur Paris, après avoir vécu ces dernières 250 heures sous l'unique lumière du jour !
21:08 Publié dans photos, spitzberg, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le tour du spitzberg



























