18/03/2012
Or et safran
(Luang Prabang, Laos, février 2012)
(Luang Prabang, Laos, février 2012)
On trouve à Luang Prabang une impressionnante concentration de wats (temples) dont certains sont parmis les plus vénérés du pays.
Si plusieurs religions cohabitent au Laos, la grande majorité des habitants est de confession bouddhique (dans certaines ethnies, ce bouddhisme est souvent mâtiné de rites animistes).
Le wat est, dans sa version la plus simple, composé d'un temple ainsi que des logements pour les moines. Il peut également y avoir plusieurs autres petites chapelles, stupas, salles d'enseignement, bibliothéque, abri pour la pirogue de course ou pour le tambour, jardin, potager, etc...
Les temples sont rarement très anciens : ils ont pour la plupart été rénové ou reconstruits à l'identique après le sac de la ville en 1887. On trouve néanmoins quelques bâtiments épargnés.
Généralement entouré d'un petit muret, le wat reste pourtant toujours grand ouvert, et c'est un réel plaisir d'y déambuler en croisant les moines qui vaquent à leurs occupations.
Les moines, justement. C'est assez difficile de s'y retrouver, car presque tout les Laotiens, un jour ou l'autre, vêtiront la robe safran. Ils seront moines pour une semaine, un mois ou quelques années ; d'autres pour la vie. Durant cette période, ils se plieront à la vie monacale faite de prière, d'étude, de tâches "ménagères" et d'entretient du wat. Lever 4h, coucher 18h. Les relations sexuelles et le tabac seront proscrits, et les moines, en plus d'un petit-déjeuner frugal, se contenteront (avant midi) du seul repas de la journée.
Beaucoup de moines sont très jeunes car c'est souvent les parents qui leur choisissent cet "apprentissage". En plus du prestige, cela reste pour les familles les plus défavorisée un moyen très économique d'offrir une éducation à ses enfants.
En arrivant au pouvoir dans les années 70, les communistes on bien dû s'accommoder de la religion, et c'est toujours, encore aujourd'hui, le parti qui "régule" toutes les activités religieuses...
Pirogues de course
L'abri du tambour
Petite chapelle dans le wat Xieng Thong. Les parois sont décorées par des mozaïques en éclats de miroirs colorés.
Restauration de la toiture au wat Xieng Thong
(Luang Prabang, Laos, février 2012)
Vue de la Nam Khan depuis le wat qui se trouve au sommet du Mont Phusi
Repas (dans le temple même!) à la mémoire d'un disparu, représenté ici par sa statue plus vraie que nature...
Vous ne trouverez pas un guide ou un blog qui ne parle du "tak bat", la fameuse procession de l'aube ou les moines vont, pieds nus, quêter de la nourriture auprès de la population.
On y lit d'ailleurs parfois quelques inepties, comme par exemple que les moines font le voeu de ne se nourrir que de ces dons du matin : plusieurs années au riz gluant et à la barre chocolatée, c'est moyen comme régime !
On critique aussi souvent les touristes qui manquent parfois d'un peu de discrétion... et c'est vrai. Certain ont même l'air carrément stupide, assis sur des chaises devant leur hôtel de luxe, a distribuer le riz remis par la réception !
Je pense quant à moi que toute cette démonstration a surtout une valeur symbolique, pour que ni le moine, ni le "donateur" n'oublie qu'en définitive le wat ne vit que grâce aux dons (sans cesse renouvelés) des fidèles.
Je pense également que cette manifestation très photogénique est accessoirement "touristiquement" profitable. Je dis ça, je dis rien...
J'ai par contre été touché en découvrant des enfants en haillons, placés à la suite des généreux donateurs et attendant que les moines leur rétrocèdent une partie du produit de l'aumône.
(Luang Prabang, Laos, février 2012)
Par curiosité, découvrez ce post que j'ai fait en 2009 : Moines en Birmanie
21:51 Publié dans Laos, Laos -Cambodge | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : laos, moines, luang prabang
16/03/2012
Marchés de Luang Prabang
Les marchés, de rue ou flottants, font partie du charme de l'Asie. Si ils se tiennent plutôt le matin, certains restent ouvert souvent tard dans l'après-midi. C'est l'occasion rêvée de flâner et faire l'inventaire de ce que l'on connaît ou pas, car c'est sans doute en Asie du sud-est que l'on découvre le plus grand nombre de produits "étranges", à commencer par les insectes (dont les Cambodgiens semblent plus friand encore que les Laotiens)...
On se régale d'avance devant les fleurs de bananier, les pousses du bambou, les pâtes de poissons ou de crevettes en saumure, les papayes vertes (délicieuses en salade), le porc fermenté et les saucisses sucrées et tout ce qui peut sècher au soleil, de la couenne de buffle aux algues du Mékong. Les fruits sont également très présent : ananas, banane, mangue, ramboutan, tamarin, noix de coco et autre fruit du dragon...
Citons encore (et ce n'est qu'un apperçu) les herbes aromatiques d'une incroyables diversité, les coquillages et les crevettes (de rivière) et le produit de base indispensable : le riz gluant...
Grenouilles en brochette
Nouilles fraîches
Pousses de bambou
Ces petits oiseaux ne sont pas à manger ! Ce sont des offrandes que l'on achète pour ensuite ... les relâcher !
Galettes de riz qui sêchent au soleil
Les marchés vont souvent de paire avec les restaurants de rue.
A Luang Prabang, c'est d'ailleur une rue entière qui est réservée (presque exclusivement) aux touristes. Les buffets se suivent et se ressemblent un peu mais les prix sont imbattables : 1 euro l'assiette pleine à ras-bord. Les plus affamés ajouteront 1 ou 2 euros pour de la viande ou du poisson grillé, et bien souvent 1 autre euro pour une grande bouteille de Laobeer, la bière nationale...
Ces petites brochettes ludiques sont très appréciées des enfants
Délicieux petit gateaux à la noix de coco
Le soir, de 17h00 à 22h00, la rue principale de la vieille ville est fermée à la circulation sur 500 mètres pour laisser place au "marché de nuit". Si on retrouve là tout ce qui est sensé charmer le touriste, c'est surtout pour beaucoup une bonne occasion de prendre un peu l'air après un plantureux repas, et avant de s'en retourner dans sa guest-house...
(Luang Prabang, Laos, février 2012)
20:12 Publié dans Laos, Laos -Cambodge | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : laos, luang prabang
14/03/2012
Architecture à Luang Prabang
Si Luang Prabang doit son charme à son enclavement entre les berges du Mékong et de la Nam Khan, à une végétation riche et luxuriante et à la respiration physique et spirituelle qu'offrent les nombreux temples (où vivent par ailleurs des centaines de moines), ce sont ses habitations qui attirent avant tout le regard.
Construites en grande partie dans la première partie du 20ème siècle, quand la ville était sous protectorat français, elle ont héritées du qualificatif de "colonial". Au fil des années, beaucoup de ces maisons, le plus souvent en bois à l'origine, ont été transformées en "dur", mais tout en leurs conservant bon nombre des attributs traditionnels.
Ce que l'on remarque vite aussi (car cela vaut pour l'ensemble de la ville et pas seulement pour la partie dite "historique"), c'est que les habitations atteignent rarement ici trois étages : une ville de plus de 70 000 habitants sans immeubles, c'est pas très courant !
L'ancien pont, dit "de bois" est réservé exclusivement aux vélos et aux motos
Si les maisons qui borbent la grande artère principale ont conservé une activité economique comme à l'origine (et même si les restaurants, les agences de tourisme ou les échoppes de souvenirs ont remplacé celles qui y commercaient les matières premières transitant via le Mékong !), il n'en va pas de même pour les habitations qui, depuis l'ouverture au tourisme à la fin des années 90, ont presques toutes été transformées en guest-house, reléguant (au mieux) les familles dans un coin de la maison ou les expédiant plus généralement à l'autre bout de la ville...
Les grandes manifestations, que ce soit les mariages (comme c'est le cas ici) ou les veillées funèbres, se déroulent généralement dans la rue qui sera bloquée pour l'occasion.

(Luang Prabang, Laos, février 2012)
19:52 Publié dans Laos, Laos -Cambodge | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : laos, luang prabang
12/03/2012
Le Mékong et la Nam Khan
Les grandes villes du Laos (sauf celles très au nord) se trouvent le long du Mékong : le fleuve est indissociable de l'histoire de la région. Preuve d'ailleurs en est qu'il sert de frontière avec la Thailande et la Birmanie sur des centaines de kilomètres...
Quatrième fleuve d'Asie par le débit, il est à l'Asie du Sud-Est ce que le Yangtsé Kiang est à la Chine, Le Gange à l'Inde, et l'Ienesseï à la Russie.
Luang Prabang est donc arrosé par le Mékong mais aussi par l'un de ses affluents, la Nam Khan. A la saison sèche, leurs berges riches en limon offrent un sol idéal à diverses cultures maraîchères.
Les bateaux "de croisière" de ce type sont assez rares sur le fleuve : A cause des rapides et des nombreux rochers qui affleurent, on rencontre les longues et étroites barques traditionnelles à fond plat.
Pour les mêmes raisons, aucuner embarcation ne circule durant la nuit...
Les tuk-tuk sont dans l'attente du nouvel "arrivage" de touristes qui, après avoir passé la frontière thailandaise l'avant veille et navigué deux jours entiers sur le Mékong, vont accosté à luang Prabang avant la tombée de la nuit....
C'est en terrasse, quand vient le soir, qu'on profite enfin d'un peu de fraîcheur.
Si l'on tient à faire la fête, il faut faire vite : presque tous les bars ferment à 23 heures ! Et à minuit, c'est pratiquement le couvre feu...
(Luang Prabang, février 2012)
22:16 Publié dans Laos, Laos -Cambodge | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : laos, luang prabang



























