22/04/2012
La Civilisation Khmère et le site d'Angkor
Après vous avoir raconté (un peu) le Nord-Laos, c'est tout de suite moins facile de se lancer dans la description de la région d'Angkor et de toutes les merveilles qu'elle abrite.
Il n'est plus question ici d'ethnies ou de tribus, de montagne et de rivières, mais tout simplement de l'une des plus incroyables civilisations qui se soit développée en Asie et qui fut pendant plus de 500 ans, entre le 9ème et le 14ème siècle, le coeur et l'esprit de cette partie du monde...
L'empire Khmer s'étendait sur un grande partie du Laos et du Vietnam actuel et englobait la totalité du territoire thaïlandais, le Siam. C'est ce dernier qui se developpera à son tour à partir du 13ème siècle et, prenant le dessus, deviendra le nouveau maître de la région...
(carte du Cambodge)
Angkor a été la destination "de rêve" de bon nombre d'adolescents (dont votre serviteur) au même titre que les Pyramides d'Egypte, de Petra, de la Grande muraille ou du Machu Picchu (entre autre !). De pouvoir enfin en mesurer de visu la grandeur m'a fait, à posteriori, vite oublier le passage obligé par la ville de Siem Reap, voisine du site, exclusivement interessée par les dollars de ses visiteurs. Le nombre de ces derniers, qui étaient plus de 2 millions l'an dernier augmente d'ailleurs de façon exponentielle, au grand dam des archéologues !
A mettre le pied sur ces terres, on touche à quelque chose de rare et d'exceptionnel ; il fallait un post d'introduction pour tenter avant tout de vous sensibiliser sur la "globalité" et l'immensité du site. J'essaierai d'aileurs de limiter le nombre d'articles à venir afin de vous éviter trop de lassitude devant tant de "ruines" : c'est un peu comme si vous visitiez dans la même journée une quinzaine de cathédrales (plus ou moins décaties) en plein coeur de Paris !
L'actuel site archéologique d'Angkor est vaste, très vaste : Il y a plus de 20 km entre l'extrémité des deux "baray", ces immenses bassins (de 8 km de long) qui servaient à la fois de réservoirs mais aussi de régulateur lors des crues annuelles.
La ville, à son apogée, aux environs du 13ème siècle, s'étendait pourtant largement au délà de ces limites et ce n'est pas moins de 280 temples qui sont aujourd'hui dénombrés dans toute cette zone !
La cité comptait alors plus de 700 000 habitants, alors qu'à Paris, la plus grande ville d'Europe de l'époque, il étaient moins de 100 000 !
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Pour découvrir le complexe d'Angkor, vous pouvez opter pour le vélo (les motos sont interdites depuis plusieurs années). Sachez tout de même que le "petit" et le "grand" circuit sont respectivement long de 15 et 24 km ! Ajoutez à cela les 16 km aller-retour pour se rendre jusqu'au site depuis Siem Reap et vous comprendrez qu'il faut avoir de bon molets pour attaquer la ballade sous les 30 ou 35° ! Je ne parle pas même pas d'autres temples plus éloignés, comme par exemple celui de Banteay Srei, situé à 25 km plus au nord...
J'ai quand à moi choisi le tuk-tuk, qui procure quelques bienfaisantes minutes de répit entre chacune des visites.
Trois passes sont proposés aux visiteurs, de 1, 3 et 5 jours. J'ai pris celui de trois jours à 40$ et n'ai eu le temps de (bien) visiter "que" 21 temples !
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Ci-dessous : le centre du complexe et les principaux temples, avec en son coeur le Bayon, la fameuse "montagne magique" qui culmine à 43 mètres et dont chacune des 37 tours restantes est ornée des quatre visages illustrant les vertus du Bouddha.
Un ingénieux système de routes et de canaux (qu'on estime aujourd'hui à 90 km), quadrillait les temples et les 2600 bassins qui ont été recensés. Les habitations, quelle que soit l'importance de leurs locataires étaient toutes de bois et il n'en reste donc absolument rien à présent. Seuls les temples, comme dans de nombreuses autres civilisations, méritait la pierre.
Une pierre, malheureusement fragile, qui à grandement souffert des 1000 années de moussons successives et du cannibalisme de la couverture forestière...
Un dernier mot pour vous dire que la "re-découverte" d'Angkor date seulement de la fin du 19ème siècle, et que la mainmise des khmers rouge sur le pays entre les années 1975 et 2000 (ainsi que des mines dont ils avaient truffé le sol) à longtemps ralenti le déroulement des recherches archéologique, la reconstruction et la sauvegarde du site qui fut logtemps utilisé comme réserve d'armes et aussi largement dépouillé de ses plus belles sculptures.
Le site est classé patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco depuis 1992.
Ces dernières années, chaque campagne de fouille apporte son lot de précisions ... et de tout autant de nouvelles questions quant au degré d'avancement de cette incroyable civilisation...
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Le Temple d'Angkor Wat, à l'entrée du site, est l'un des plus vastes mais aussi l'un des plus fastes de tout le complexe. C'est lui qui sert d'emblème au drapeau cambodgien.
16:42 Publié dans Angkor (et alentours), Laos -Cambodge | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : angkor, civilisation khmère
16/04/2012
Eléphants et rizières
(Autour de Luang Prabang, Laos, février 2012)
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Juste pour le fun, je suis parti à la recherche des très rares rizières qui soient en eau à cette époque de l'année : j'en ai trouvé quelques-unes en allant visiter les chutes de Tat Khuang Si...
En général, la forêt ressemble plutôt à ça en ce mois de février : d'immenses étendues d'hévéas désèchés ! La culture intensive de cette espèce d'arbre, dont on extrait le latex, commence à devenir un véritable fléau au Laos...
Ce jour là, c'était feuilles d'ananas à volonté !
Je profitais d'être en moto pour partir à la recherche des fameux éléphants, symboles millénaires du Laos ; j'en trouvais six dans un camps "à touristes", à une vingtaine de kilomètres de Luang Prabang...
Comme dans tout le pays, ils deviennent de plus en plus rares.
Les chiffres que j'ai pu trouver sur le Net quant à leur population actuelle sont souvent fantaisistes (et comme toujours indéfiniment rabâchés) : sont-ils 500, 1000, 1500 ou 2000, domestiqués ou bien sauvages à vivre au Laos, je ne le saurai jamais exactement !
Le manque de précisions dans la connaissance de cette espèce, surtout à l'état sauvage, marque d'ailleurs le peu de volonté et de moyens qui président à sa sauvegarde. Il ne semble pas non plus qu'il y ait une réelle coopération entre les pays limitrophes (Chine, Thailande, Cambodge, Vietnam et Birmanie) qui abritent eux aussi des populations conséquentes. Est-ce peut-être aussi tout simplement le signe que l'on baisse les bras devant un problème qui n'a plus, au XXIème siècle, de solutions vraiment viables...
Toujours est-il qu'avec 10 décès pour 2 naissances, la poursuite du braconnage, le manque d'espaces préservés, le besoin énorme de nourriture (250 kg par jour et par animal), la déforestation (à laquelle ont fait participer l'animal, et qui donc détruit son propre habitat !), ainsi que la coahabitation parfois très houleuse avec les paysans, il est fort à parier que ce chiffre va encore baisser, et de façon exponentielle, dans les toutes prochaines années...
Il y avait environ 400 000 éléphants en Asie au début du siècle dernier ; il n'en resterait aujourd'hui qu'entre 20 et 40 000...
(Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour obtenir un plus grand format)
(Autour de Luang Prabang, Laos, février 2012)
21:12 Publié dans Laos, Laos -Cambodge | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elephants d'asie, luang prabang, laos
































