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11/03/2009

Aung San Suu Kyi

Le voyage est maintenant terminé, mais je tenais à ce que ce dernier article soit consacré à Aung San Suu Kyi, seul référent à nos yeux d'occidentaux, de l'opposition à la junte au pouvoir depuis prés de 50 ans...

Je tenais aussi à livrer mes impressions (liées à la dictature) après deux semaines passées en Birmanie.

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D’abord un petit retour historique : La Birmanie fût annexée au milieu du XIXème siècle par les britanniques (comme de nombreux pays alentours à commencer par l’Inde).

Au cours de la Seconde guerre mondiale, les japonais prirent la relève, déclarant l'indépendance du pays tout en le tenant fermement  sous leur joug...

Le général Aung San (anciennement étudiant contestataire, et père de Suu Kyi), qui était alors ministre de la guerre d’un gouvernement sous tutelle nippone, changea alors son fusil d'épaule et déclara la guerre à l'Empire du soleil. Il dut ensuite bouter hors du pays les anglais qui s'y étaient entre-temps réinstallés ! Il sera le père de la "véritable" indépendance, sans pour autant jamais la connaître : Il fût assassiné par des rivaux en 1947 ! Aung San Suu Kyi n'avait alors que 2 ans...

La jeune démocratie parlementaire survivra moins de 15 ans avant d'être balayée par un premier dictateur dés 1962. C'est depuis ce jour une junte de généraux qui dirigent le pays, le dernier en date étant Than Shwe, 74 ans et plus toutes ses facultés...

Aung San Suu Kyi fera ses études en Inde (ou sa mère est ambassadrice) puis à Londres et Oxford. Elle travaillera également à New-York pour l'ONU en 1969. En 1972, elle se marie à un britannique avec lequel elle a deux enfants...

En 1988, elle retourne vivre en Birmanie, et participe activement à la création de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND). Elle sera arrêtée en 1989 puis laissée en liberté surveillée.

En 1990, sous la pression populaire, des élections sont enfin organisées : le LND obtient 80% des voix. La junte, totalement dépassée, décide alors d'annuler purement et simplement les résultats !

Aung San Suu Kyi, qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1991, a vécut depuis lors en semi-liberté, en prison, ou en résidence surveillée. La junte n'a eu de cesse de lui faire quitter le pays, ce qu'elle a toujours refusé...  Son mari, gravement malade en 1997, mourra 2 ans plus tard sans avoir jamais eu le droit de revenir en Birmanie !

Les assignations à résidence sont reconduites automatiquement depuis 2003 ; Celle de l'an passé devrait échoir en mai de cette année...

A 63 ans, totalement coupée du monde dans sa maison de Yangon (qu'il n'est pas conseillé d'approcher !), elle continue de représenter aux yeux de la grande majorité des birmans ainsi que de l'opinion internationale, la seule alternative à cette junte archaïque et totalement coupée des aspirations du peuple qu'elle appauvrit année après année...

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Quand on est touriste, on ne voit pas grand chose. D'abord parce que l'on circule généralement autours d'une dizaine de "sites bien définis". Ca ne veut pas dire que les autres régions soient nécessairement interdites, mais le voyageur, devant la richesse de Mandalay ou Bagan, trouve moins de bonnes raisons de se perdre dans les campagnes...

Ces lieux "bien définis" ont l'avantage de voir passer le touriste et profiter ainsi de ses prébendes. Ils sont généralement dotés d'aéroport, d'hôtels de toutes catégories et les infrastructures y semblent convenables, ce qui n'est pas le cas dans les 80% du reste du pays...

Pour le reste, on ne peut avoir qu'une opinion fragmentaire et donc partagée. Les aéroports fonctionnent plutôt bien, mais les routes sont toutes désastreuses. L'électricité est régulièrement coupée plusieurs heures par jour, où que ce soit dans le pays, ! Les écoles semblent bien fonctionner mais il semblerait que les birmans doivent mettre souvent la main à la poche pour l'éducation de leurs enfants, et que le niveau universitaire reste quant à lui difficilement accessible (en plus d'être étroitement surveillé : comme dans toutes les dictatures, le pouvoir a une peur bleue de ses étudiants). Pour ce qui est de la santé, on n'en voit pas grand chose, mais l'incurie générale laisse imaginer le pire...

On ressent souvent la pauvreté, mais rarement la misère. Ce n’est pas comme certains pays d'Afrique, où l'accès à l'eau est un fléau. Ici, le climat l'offre en abondance et un système séculaires de réservoirs permet de la conserver entre deux saisons. Il y a bien sûr aussi les fleuves généreux et les lacs. La sécheresse n'est donc pas de mise non plus...

Ce qui choque le plus en fin de compte, ce sont ces centaines de millions de dollars cooptés par la junte au profit de son unique survie et qui pourraient permettre aux birmans d'avoir un niveau de vie très nettement supérieur. Ce qui choque vraiment, c’est cette armée de 400 000 hommes qui engloutie à elle seule 50% du PNB.

Car de richesses, la Birmanie n’en manque pas : Deux récoltes par an  (la Birmanie reste un pays agraire), du pétrole, du gaz, des bois rares, des pierres précieuses, etc.

(On ne doit malheureusement pas non plus faire l’impasse sur la culture du pavot, l’une des plus grandes sources de revenus du pays).

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Les choses, changent, mais doucement : L’internet se développe un peu et la junte est incapable de « bien » la censurer ; La télévision (et donc l’information) internationale arrivent de plus en plus dans nombres de foyers. Le touriste circule librement (même si il n’a toujours pas le droit de loger chez l’habitant). Les passages aux aéroports et aux douanes sont aussi simples qu’ailleurs dans le monde !

Pour ce qui est du travail forcé, je ne peux bien évidemment apporté aucun élément…

Deux choses enfin m’ont étonné : D’abord je n’ai pas vu un seul militaire de tout mon séjour (à se demander où ils les cachent !!!) Et jamais, mais absolument jamais, de portraits ou de statues d’un quelconque leader (comme à Cuba, en Syrie, en Egypte et j’en passe…)

Aucun culte de la personnalité… La Birmanie n’est pas la Corée du Nord !

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Deux « entités » vivent donc ici, l’une proche de l’autre, mais sans jamais se mélanger : 400000 militaires d’un côté, dirigés par une poignée de généraux, et 50 millions de birmans de l’autre. Les deux craignent vraiment l’autre et se regardent en chiens de faïence. Les militaires ont pour eux les fusils, et donc la force…mais jusqu'à quand ? Ces militaires, qui sont aussi des birmans, peuvent un jour se retourner contre leurs chefs !

De toute façon, si les choses changent, elles se feront sans ingérence directe. D’abord parce que la Birmanie n’est pas une priorité pour le reste du monde et que la Chine s’opposera toujours à un coup de force venu de l’extérieur.

En cas de boycott, se seraient les populations les plus défavorisés qui en paieraient le prix fort…

A l’heure actuelle, la seule solution pour qui veut agir, c’est de soutenir l’opposition en exil…

10/03/2009

Pindaya

Le séjour à Inlé touchant à sa fin, il est temps de retourner à Yangon et prendre l'avion pour Singapour...

Avant de quitter définitivement la Birmanie, j'avais prévu une dernière visite : Pindaya et sa grotte aux 8000 bouddhas !

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Elle se trouve à 2h30 de route au nord d'Inlé, et c'était là l'occasion de découvrir une nouvelle fois la magnifique campagne environnante... 

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(Pindaya, 01 février 2009) 
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(De longs couloirs couverts mènent à l'entrée kitchissime, où une araignée géante et menacante protège l'entrée ! Il y aussi un super ascenseur panoramique !!!)
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Cette grotte, qui est un lieu de pélerinage depuis des siècles, abrite dans ses immenses cavités naturelles des milliers de bouddhas. 
Les plus anciens, dégradés par l'humidité, sont régulièrement remis en état et de nouveaux sont installés, grâce aux dons de généreux donateurs birmans ou étrangers.

Ces grottes, qui existent un peu partout en Asie, dégagent une bien étrange atmosphère. Cela est dû en partie à l'accumulation de statues, mais également aux éclairages chiches et à la chaleur moite.

De plus, le dénivelé des anfractuosités et les espaces restreints entre les bouddhas vous obligent souvent à les toucher, ce qui ne m'était pas souvent arrivé au cours de ce séjour !

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(Pindaya, 01 février 2009)
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(Les donateurs peuvent faire inscrire leur nom -ou celui de leur société- sur une petite plaquette)
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(Pindaya, 01 février 2009)
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(Un "stûppa" pour le moins original ; Pindaya, 01 février 2009)

07/03/2009

Un rêve de lac, entre ciel et terre

Il est temps de quitter Inlé...

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Les plus plus belles images de Birmanie que je garde en mémoire sont sans nul doute celles de ces pêcheurs sur le lac, quand leur ombres mystérieuses se détachent sur le fond gris-bleu du petit matin...

Ils semblent alors flotter entre ciel et terre ! 

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C'est parce que le lac est peu profond que les Inthas ont developpé une technique unique au monde : Seuls, sur leur barques en bois, ils repèrent d'abord les poissons à l’œil nu ; Comme ils ont besoin de leurs deux mains pour à la fois manier la grande nasse en bambou et refermer le piège qu'elle renferme, c'est de leur jambe qu'ils se servent pour stabiliser ou faire avancer l'embarcation. Les gestes sont lents mais précis, ce qui ajoute encore à la magie...

Parfois, en groupe, ils battent l'eau avec de longues perches, et dirigent les poissons vers des nasses déposées sur la vase du lac.

Enfin, certains utilisent tout bonnement un simple filet...

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(Lac Inlé, 30 et 31 janvier 2009)

06/03/2009

Des temples au fil de l'eau

Certe, on ne va pas sur le lac Inlé pour y découvrir des pagodes !

Néanmoins, la vie religieuse est ici la même que dans tout le pays, avec de nombreux temples et monastères...

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(31 janvier 2009)

Certains sites datant de plusieurs siècles, et fort dégradés au demeurant, nous laissent toutefois imaginer ce à quoi cela pouvait ressembler par le passé.

Ces lieux restent empreints de beaucoup de sérénité, voir d'une certaine magie, due à la multiplication des stûppas comme à In Dein (il y en aurait 1000 !), à leur situation "les pieds dans l'eau" comme à Sankar, et bien sûr, partout, à ce cadre magnifique qui les entoure...

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(In Dein, lac Inlé, 30 janvier 2009)
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(In Dein, lac Inlé, 30 janvier 2009)
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(Lac de Sankar, 31 janvier 2009)
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(Lac de Sankar, 31 janvier 2009)
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(Dans la région, on retrouve souvent un éléphant sous les doigts du Bouddha !)
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(Lac de Sankar, 31 janvier 2009)
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(Sankar, 31 janvier 2009)

05/03/2009

Inlé Land, ou les attractions du lac

Le lac Inlé a ceci de particulier qu'il est pratiquement impossible de se promener sur les berges, par manque d'infrastructures et de moyens de transport. Les petites agences proposent au mieux de petits treks dans la montagne environnante.

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Reste la visite du lac par le lac (ce qui n'est, avouons-le, pas totalement ridicule :)

On choisi donc ad minima un capitaine pour piloter une barque a moteur, et généralement son compère qui servira de guide. La visite "all include" sur le lac implique la visite, outres les marchés et certains monastères ou pagodes, de tout les artisans du coin.

Pour joindre l'utile (le business) à l'agréable (la découverte du lac), on se retrouve donc à plusieurs reprises débarqué sur des maisons flottantes où l'artisanat X ou Y nous est rapidement (voir de façon expéditive) expliqué. A l'issue de cette explication, c'est la visite du show-room qui n'est, lui, jamais très loin, et ou l'on retrouve parfois sur les rayons les mêmes produits qu'à Yangon ou Mandalay !

"Les "attractions" que j'ai vraiment apprécié :

- La fabrique d'alcool de riz. Le problème, c'est que je me voyais mal, devant prendre mon avion le surlendemain, leur acheter quelque alcool que ce soit !!!

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(Le mélange riz-eau fermenté est mis à chauffer ; La vapeur s'écoule le long du tuyau en bambou, puis se condense au contact d'un récipient à double fond qui est régulièrement remplis d'eau froide...)
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- La fabrique de cheroots, des cigares locaux faits entièrement à la main... (j'en ai fumé la moitié d'un pour faire plaisir, mais je ne suis pas allé jusqu'à acheter la botte !)

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Les attractions "bof":

- L'atelier de tissage : On tisse ici comme a peu près partout dans le monde, donc rien de vraiment original. Le seul intérêt fut de découvrir que l'on pouvait obtenir un fil à partir de la tige de lotus, pour ensuite le tisser ! C'est un travail éminemment long : Chaque tige, sectionnée sur quelques centimètres, laisse apparaître quelques minuscules filins qui sont ensuite arrachés puis ajoutés au fil principal en roulant le tout du bout des doigts. Le fil obtenu est ensuite traité et tissé comme du coton. Il faut 2000 tiges de lotus pour obtenir une toute petite écharpe, d'où le prix assez élevé du produit fini !

J'essaierais peut-être un jour avec la rhubarbe !

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- La fabrique de bijoux en argent : bof, bof, vraiment rien de spécial...

Les attractions que je n'ai pas aimé :

- Le monastère des chats sauteurs : Eh oui ! un vrai monastère, ou les chats ont appris depuis des générations à sauter dans un arceau. La démo est à heures fixes, et le touriste est gentiment sollicité à mettre la main au porte monnaie. J'ai trouvé ça nul et le monastère n'est même pas joli...

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- Un autre atelier de tissage (et son show-room, bien évidemment), où la principale "curiosité" était la présence de trois "femmes-girafe" (rien que le nom m'attriste) de l'ethnie Padaung qui n'avaient vraiment rien à faire ici, à des centaines de kilomètres de leur village ! Je me serais cru au zoo...

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Je citerais enfin cette "attraction" pas (encore) prévue au programme, mais qui m'a ravi : Au détour d'un de des ateliers cités ci-dessus, un imprimeur d'un autre siècle insérait à la main, feuille par feuille dans son antique machine, quelque flyer local !

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(Lac Inlé, 30 janvier 2009)

04/03/2009

Les marchés du lac

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(Nan Pan, 31 janvier 2009)

Un de mes rêves fou de voyageur serait de pouvoir me fondre dans le décor jusqu'à ne plus faire qu'un avec la population locale et pouvoir ainsi profiter incognito de la magie d'un lieu. Peine perdue la plupart du temps, car je suis vite repéré, comme n'importe quel touriste, à cent mètres à la ronde.

Je n'aime pas le touriste en fait et je fais toujours tout pour l'éviter. Je n'aime pas l'image qu'il me renvoie.

Je n'aime pas non plus faire des portraits des autochtones si je n'ai pas auparavant tenté, rien qu'un instant, de lier un fil même tenu avec le modèle. Mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas, et il me semble alors voler ces photos ; Il m'en reste généralement un goût plutôt amer...

Je me mets trop souvent à la place de ses gens. Imaginez un groupe d'africains en boubous qui me ferait le portrait pendant que je choisi mon camebert à Monoprix, ou un attroupement de japonais voulant immortaliser ma dégustation d'un jambon-beurre à une terrasse parisienne !!!

Je n'aime pas trop ce côté voyeur et je me complais plus facilement perdu dans des immensités sauvages...

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A Inlé, une des solutions est d'arriver vraiment tôt sur les marchés (vers 7 ou 8h du matin), à l'heure ou les paysans ont bien mieux à faire (installation de leurs étals, achat, troc, etc...) que de vous prêter attention ; Et le touriste seul fait quand même un peu moins "tâche" que le groupe de 20 en shorts bigarés !

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(Vente de bambou, Nan Pan, 31 janvier 2009)
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(vente de pirogues, Nan Pan, 31 janvier 2009)
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(In Dein, 30 janvier 2009)

 Cela étant dit, revenons à nos marchés !

C'est, avec les longues promenades en barques à travers les cités lacustres, ce que j'ai préféré lors de de se séjour à Inlé. Si je devais ne citer qu'un de ces marchés, ce serait sans nul doute celui de Nan Pan, au sud du lac. J'y ai vraiment passé un moment extraordinaire, trop court à mon goût, préssé que nous étions à rejoindre Sankar...

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(Nan Pan, 31 janvier 2009)
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(Charron -c'était le métier de mes ancêtres au tout début du XIXème- ; Nan Pan, 31 janvier 2009)
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(In Dein, 30 janvier 2009)

03/03/2009

le lac Inlé

Il faudrait passer une bonne semaine au bord du lac pour espèrer en découvrir toute les facettes, comme par exemple les fabuleux marchés. 

Il y en a 5 à se tenir quotidiennement, mais à tour de rôle, autour du lac. Si en plus on ajoute à ce calendrier les Fêtes religieuses, il est donc pratiquement impossible pour le touriste de connaître par avance celui (ou ceux) qu'il aura la chance de découvrir lors de son séjour  de 2 ou 3 jours (quand ce n'est pas une seule journée pour les plus malchanceux d'entre eux !).

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Géographiquement, le lac Inlé se trouve au nord d'un ensemble de lacs et de canaux qui s'étendent sur plus de 100 km. Le premier lac au sud d'Inlé est celui de Sankar. Il est déjà plus difficilement accessible (obligation, outre un péage, de s'assurer les services d'un guide de l'ethnie locale Pa-ô).
Pour des raisons qui restent encore mystérieuses à mes yeux, les touristes ne sont pas autorisés à naviguer plus au sud...
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(Lac Inlé, du 29 au 31 janvier 009)
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(Des enfants de retour de l'école)
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Pour ce qui est des populations locales, c'est assez complexe, comme un peu partout en Birmanie, où des dizaines d'ethnies cohabitent.

Ces ethnies, qui peuvent compter des millions d'individus mais parfois juste quelques milliers (tableau des langues et ethnies au Myanmar), ont conservé chacune leur langue et leurs traditions. C'est surtout lors des marchés que l'on peut en découvrir plusieurs dans le même temps.

Néanmoins, c'est bien l'ethnie "intha" qui peuple principalement  les villages autour du lac Inlé. Leur mode de vie n'a semble t'il pas changé depuis des siécles, mis à part l'usage assez récent du bateau à moteur ainsi que de l'electricité (qui est encore loin d'être généralisée).

Le lac, situé à 900 mètres d'altitude (et qui offre donc un climat plutôt favorable), fait 15 km de long sur 2 à 6 de large. Sa profondeur toute relative (de 1 à 5 mètres) a permis aux inthas de developper à la fois une technique de pêche originale ainsi que la culture sur des jardins flottants.  

Ces jardins sont des bandes de terre, couvertes de végétaux divers, qui sont détachées du rivage et déplacées sur le lac. Les parcelles sont ensuite préparée (ajout de terre, binage...) puis ensemencées. Les tomates, Les haricots vert, les pommes de terre et autres salades y trouvent leur bonheur !

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Le bambou est ici le roi des matériaux et on le trouve partout, décliné sous toutes ses formes : Les maisons en sont entièrement constituées, des pilotis aux tuiles, en passant par les escaliers, les murs et les cloisons !

On le trouve aussi planté dans les jardins flottants, assurant ainsi leur ancrage sur le fond du lac...

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(Lac Inlé, du 29 au 31 janvier 009)
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(Bambouseraie)
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(Lac Inlé, du 29 au 31 janvier 009)
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(Galettes de riz qui sèchent au soleil)
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(Lac Inlé, du 29 au 31 janvier 009)

La magie du lac Inlé

Le lac Inlé, on en revient des images plein la tête......et bien sûr avec des photos plein les cartes-mémoire.

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On y peut rien, car le plaisir des yeux est partout : Sur les rives où les habitants vaquent à leurs occupations, sur le lac où les pêcheurs traquent le poisson, sur les jardins flottants ou encore sur les marchés colorés...

Il y a bien sûr aussi la magie de l'eau, celle de la montagne qui domine le lac et puis ce vert permanent.

Il y a enfin cette quiétude et ce merveilleux silence, un peu trop souvent (mais cela fait aussi parti du charme) interrompu par les pétarades des canots à moteur. 

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(Une des particularité du lac : Son modèle unique et plutôt impressionnant de canot à moteur)
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(La toilette, comme la lessive, se fait généralement au bord du lac) 
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(Comme pour le canot à moteur, un unique modèle de barque en bois à fond plat, construite ainsi depuis des siècles)
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(La plupart des villages autour du lac sont construits sur pilotis) 
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(lac Inlé, du 29 au 31 janvier 2009)
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(lac Inlé, du 29 au 31 janvier 2009)
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(Lac Inlé, du 29 au 31 janvier 2009)

28/02/2009

Couchers de soleil à Bagan

Voilà ! Le petit séjour à Bagan se termine.

Tous les soirs, traditionnellement, les voyageurs se retrouvent au sommet de l'un des stûpas pour admirer un magique coucher de soleil.

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(Bagan, 26 et 27 janvier 2009)
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Demain il me faudra plus de 8 heures, secoué par les routes défoncées qui traversent les campagnes, pour rejoindre le lac Inlé, dernière étape de ce voyage...

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(Bagan, 26 et 27 janvier 2009)

27/02/2009

Du laque à la laque

DSC_5804bb.jpgLe laque est une résine naturelle, généralement toxique. On le recolte, tout comme le latex, en incisant la base du tronc d'une des trois espèces de laquier, arbuste endémique d'Asie.

La sève résineuse de couleur grisâtre est ensuite filtrée et colorée, avec par exemple de l'oxide de fer pour obtenir un noir profond.

C'est une fois appliqué sur un quelconque support (généralement en bambou, robuste et léger) que le laque devient de la laque.

Ses premiers usages, que l'on situe en Chine, remonte à plus de 3000 ans. Elle servait à cette époque à recouvrir les objets pour les protéger des intempéries, ou bien confectionner des récipients à usage alimentaire. En effet, la laque, tout en conservant sa souplesse, est d'une incroyable résistance. 

La laque s'est developpé à Bagan à partir du 12ème siécle et la ville est restée depuis cette époque le centre incontesté de cet "art-isanat" en Birmanie.

Le voyageur de en vadrouille par ici (donc chaque touriste qui vient au Myanmar !) fera un passage obligé, mais combien instructif, dans l'atelier d'un des villages.

La laque s'applique le plus généralement sur des objets façonnés en bambou, mais parfois aussi en crin de cheval pour les plus fins et délicats d'entre eux.

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Le procédé de laquage est complexe et extrèmement long, car la qualité finale dépend du nombre de couches et du temps de séchage entre chacune d'entre elles.

Cela va de 5 à 7 et jusqu'à parfois 22 couches, et le temps de séchage peut prendre plus d'une semaine entre chaque couche, suivant la saison (sèche ou humide) !

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(fabrication de formes, et lavage ; Bagan, 26 janvier 2009)
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Après chaque passage au séchoir, on procéde également au lavage et au ponçage (avec à chaque fois des méthodes différentes : os, charbons de bois de teck, pierre fossile, etc...).

Sur (ou dans) les couches on ajoute aussi parfois d'autres matières, comme par exemple de la poudre d'os ou de l'or. Les objets obtenus sont ensuite (le plus souvent) colorés avec des pigments naturels et décorés à la main : C'est là un travail d'orfèvre qui peut prendre des semaines...

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(bagan, 26 janvier 2009)
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(Bagan, 26 janvier 2009)
Evidemment, la plupart des objets que l'on trouve au bord du chemin, sur le marché ou à l'entrée d'un temple, ne sont pas en laque naturelle, mais seulement recouvert de résine synthétique (du plastique, quoi !) ou même seulement peints avec de la peinture....laquée !!!
 
Ils viennent d'ailleurs généralement de chine, qui est, comme chacun le sait, en matière de souvenirs, le paradis du canard (pigeon) laqué !  :) 

(vous trouverez -ICI- une page plus détaillée sur la fabrication de la laque, mais aussi sur les richesses de Bagan en général...)